Le choix des papiers

Le choix du papier se fait selon différents paramètres tels que : la couleur, le grain (on dit d’un papier qu’il est ouvert ou fermé selon la rugosité de la surface), le grammage, les dimensions.
A l'atelier Art Estampe, nous utilisons principalement les papiers commercialisés par Antalis (ex Arjomari AR=Arches JO=Johannot MA=Marais RI=Rives), premier producteur mondial de papiers pour l’imprimerie d’art, sous les marques Arches ou Rives, et quelquefois Moulin du Gué, dont le grammage varie selon la dimension de 250 à 300 g/m2, les seuls à garantir une réelle conservation dans le temps.
La réédition d'affiches anciennes peut aller de pair avec l'utilisation d'un papier affiche ordinaire, dans des grammages moindres, autour de 170 g.
Chaque feuille de papier porte le filigrane (signature) de l’une de ces prestigieuses papeteries plusieurs fois centenaires.
La fabrication artisanale du papier chez Arches
Les papiers d’art se doivent d’être fabriqués dans le strict respect de la tradition du Maître Papetier à partir de pâte de coton dont le dosage s’échelonne de 25% à 100% selon les marques.
La présence de fibre de coton dans le papier permet d’obtenir :
- la permanence de la teinte (résistance aux UV)
- une excellente conservation dans le temps
- un toucher agréable
Le collage des papiers est non-acide (pH neutre) pour assurer une meilleure conservation. Ce choix technique est symbolisé dans le filigrane par le signe de l’infini ∞.
Les anglo-saxons qualifient ce type de papier d’Archival paper.

Par ailleurs la fabrication à l’ancienne sur forme ronde, augmente considérablement la qualité du papier : solidité plus grande, grain plus harmonieux et plus prononcé. Elle permet en outre d’obtenir les bords à franges qui donnent sa véritable dimension à un papier d’art.

Qu’est ce que le filigrane ?
Les filigranes qui ornent les papiers, poinçons d’authentification, marques indélébiles et valorisantes de la feuille, sont confectionnés artisanalement par des formaires, ouvriers papetiers d’une grande habilité qui cousent à la main sur la toile les motifs que l’on souhaite obtenir.
D’un point de vue pratique, ils permettent également d’identifier avec précision la date de fabrication, car le filigrane varie dans le temps, et constitue ainsi une sorte de traçabilité pour l’expert ou l’amateur d’art.
Ainsi par exemple le signe infini ∞ est apparu après 1980, pour signifier que le procédé de fabrication avait changé, et que le papier était désormais non-acide.

Les formats de papier
Historique des noms de papiers
Au XIVème siècle, la France possédait de nombreux moulins à papier qui fabriquaient des feuilles de formats différents. A cette époque, certains fabricants, notamment dans la région de Troyes, commençaient à réduire le format et l'épaisseur des feuilles dans le but de s'enrichir...
En 1398, le bailli de Troyes, Louis de Tignonville, appuyé par le roi Charles VI, rendit une ordonnance obligeant les "ouvreurs" à signer leur fabrication sous peine de confiscation.
Ainsi, jusqu'à la fin du XVIème siècle, chaque papetier employa un filigrane distinctif, propre à sa fabrication. Au cours des siècles suivants, les papetiers les plus appréciés furent imités par l'ensemble des fabricants qui donnaient aux "formes" les noms des filigranes qu'ils portaient.
Seuls deux ou trois termes hérités de cette tradition, servent encore aux artistes et aux imprimeurs d’art : Raisin, Jésus ou Colombier.
Tous les formats sont aujourd’hui normalisés par l'Afnor. En voici la liste exhaustive :
Cloche 30 x 40 cm
Tellière 34 x 44 cm
Couronne édition 37 x 47 cm
Écu 40 x 52 cm
Coquille 44 x 56 cm
Carré 45 x 56 cm
Cavalier 46 x 62 cm
Raisin 50 x 65 cm
Jésus 56 x 76 cm +/- 2-3 cm
Soleil 60 x 80 cm
Colombier affiche 60 x 80 cm
Colombier 63 x 90 cm
Petit Aigle 70 x 94 cm
Grand Aigle 75 x 106 cm
Grand Monde 90 x 126 cm
Univers 100 x 130 cm

Les formats les plus utilisés existent aussi en demi (grande dimension divisée par deux) :
Demi Raisin 32,5 x 50 cm
Demi Jésus 38 x 56 cm

ou en quart (les deux dimensions divisées par deux) :
Quart Raisin 25 x 32,5 cm
Quart Jésus 28 x 38 cm

A l'atelier ART ESTAMPE, notre plus grand format d'impression est le 78 x 112 cm en impression lithographique et le 152 x 500 cm en impression numérique.

La hiérarchie des papiers
Le chine
Il est fabriqué à partir de filaments de bambous. Il est un peu gris, pas très beau d'aspect, mais léger comme du liège, mince, spongieux. Il prend admirablement bien l'encre et permet ainsi une excellente impression des gravures.
• Le japon
Fabriqué à partir du bois de mûrier, est une sorte de "chine épais", jaune et soyeux. Il est impossible de le gommer. Trois variétés coexistent : le japon impérial, le japon nacré, et le japon ancien assez mat.
• Le hollande
Le hollande est résistant, sonore, très sec, un peu cassant, il possède souvent un côté lisse et un autre rêche. Le hollande est vergé. C'est le seul qui soit durable, solide, riche et convienne aux livres de luxe selon Anatole France (Le livre du bibliophile chez Lemerre).
• Les vergés
S'apparentent aux hollande, ils sont un peu raides et sont aussi obtenus à partir de chiffons. La pâte est étendue sur des tamis dont le fond est tendu de fils de laiton qui laissent une marque, la vergeure. Au fond du tamis, on pose un dessin de fer pour le filigrane.
• Les vélins
Ce sont des papiers blancs, fins, unis. Ils n'ont pas de vergeures, Ils devaient à l'origine imiter la peau.
Ce sont les papiers les plus utilisés dans l'imprimerie d'art aujourd'hui, vélin d'Arches ou vélin de Rives
• Les alpha
Ce sont des papiers ordinaires issus des papeteries et des moulins célèbres.

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